"Marocchinate": l'Italie poursuit en justice la France à cause des goumiers violeurs

à 21:45
La "Ciociara", une pièce de théâtre qui raconte les évènements tragiques de viols d'Italiennes par les goumiers lors de la seconde guerre mondiale.

L'affaire des goumiers violeurs en Italie, connue sous le nom de "Marocchinate", refait surface. L'association des femmes victimes de viols en Italie a annoncé avoir intenté une action en justice contre l'Etat français pour les exactions commises par des soldats dont des Marocains qui combattaient au nom de la France durant la Seconde Guerre mondiale.

Luciano Randazzo, un avocat de l'association, a déposé plainte contre la France auprès des tribunaux de Frosinone, La Matina et le tribunal militaire de Rome.

L'Assemblée, dirigée par Emiliano Tchuti, représente des centaines de femmes victimes de ce qu'on appelle en Italie «Marocchinate », et fait référence à un ensemble d'actes odieux commis par des soldats marocains en 1944, quand ils se battaient sous la bannière de la France pour débarrasser l'Italie de l'emprise fasciste.

L'Italie accuse les soldats français d'avoir violé plus de 300.000 italiennes entre 1943 et 1944. Les Italiens désignent les soldats français comme "Marocchinate" (Marocains), bien qu'ils soient composés d'Algériens, de Sénégalais et d'autres nationalités africaines.

Ces évènements tragiques ont eu lieu lorsque le commandant des forces françaises, le général Alphonse Juin, a octroyé aux soldats marocains et leurs compagnons cinquante heures de liberté absolue. Les 111.000 soldats devaient pour cela franchir la ligne «Gustav» mise en place par les Allemands et les Italiens pour repousser les forces alliées pour protéger la capitale Rome.

Au cours de cette période, la violence, le vol et le viol de milliers de femmes, dont certaines sont encore en vie, y compris des mineurs, se sont produits dans plusieurs villes des régions de Latzio et de Toscane.

Les zones les plus touchées étaient la ville d'Esperia où plus de 700 femmes ont été tuées.

Ces évènements ont laissé une cicatrice profonde dans la mémoire collective des Italiens. Ils ont été racontés dans le roman de l'écrivain italien Alberto Moravia en 1957, intitulé La Ciociara, et adaptés dans un film réalisé par Vittorio De Sica, avec l'actrice Sophia Loren. Le film a remporté l'Oscar en 1962.