Livre: Myriam Blal raconte «Le Baiser du Ramadan»

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Le «Baiser du ramadan», titre du livre de Myriam Blal pourrait nous faire croire, a priori, qu’on va entrer dans un roman-choc. Rien de tel, ou presque !

Un baiser et ramadan, c’est à première vue une association contre nature. Le «Baiser du Ramadan», titre du livre de Myriam Blal pourrait donc nous faire croire, a priori, qu’on va entrer dans un roman-choc. Comprenez, ce baiser signifierait l’Occident dévergondé qui viendrait souiller ramadan, le pur mois musulman. Si l’on n’a pas lu la quatrième de couverture qui prend soin de nous préciser que c’est un témoignage, on s’attendrait à une histoire de folles amours interdites… Rien de tout cela, ou presque.

Dans ce livre, l’auteure partage son expérience de musulmane bercée par les idées reçues, les prêts-à-penser, légion dans une religion héritée de ses parents, sans aucune remise en question. Au cours du récit, le baiser tant promis par le titre n’est finalement qu’un signe de tendresse très anecdotique en soit, mais symboliquement révélateur de cet amour, essence des religions, amour que parfois les musulmans emprisonnent, briment sous un amas de dogmes dépassés. Le prophète lui-même embrassait sereinement sa femme Aicha par la bouche en plein ramadan, rapporte « Sahih Mouslilm », livre référence de hadith, bien que cela puisse paraître impensable pour le commun des musulmans aujourd’hui.

Au même titre, et à un degré plus grand, le mariage entre une femme musulmane et un chrétien est semble-t-il interdit par l’Islam. Myriam Blal nous raconte ainsi son histoire de jeune femme qui a décidé d’épouser un chrétien. Celle d’une jeune femme tiraillée entre ce que lui dicte sa foi, le «qu’on dira-t-on» de sa famille, ce que choisit son cœur et où la mène sa raison. Elle partage ainsi son expérience et ses réponses sur un sujet qui dit-elle, «est volontairement écarté par les théologiens musulmans, car jugé problématique». On la suit dans son cheminement, ses investigations de journaliste concernée directement par une question qu’elle traite de manière didactique, pertinente et avec le vécu en plus. En cela, elle propose un véritable guide pour les couple mixtes.

Mais outre la question du mariage mixte, ce que Myriam interroge surtout, elle dont le père aurait souhaité qu’elle soit un garçon, c’est la place de la femme dans la société contemporaine et musulmane. Pourquoi les filles sont-elles éduquées de manière à être asservies dès leur jeune âge à la gent masculine? Et au final, pourquoi l’homme musulman a-t-il le droit de se marier avec des personnes de religions différentes, alors que cela est interdit pour la femme musulmane? En remettant en cause son conditionnement, en déconstruisant ses repères, elle forge, sereine, son propre chemin, un pont vers l’autre pour se réaliser en tant qu’être universel.