Le ministre de la Culture réagit à la vente aux enchères des oeuvres de Melehi-Chabâa

Plafond peint par Mohamed Melehi à l'hôtel des roses du Dadès, en 1969. DR

La vente aux enchères des oeuvres des artistes marocains Mohamed Melehi et Mohamed Chabâa, parties intégrantes de l’hôtel «les Roses du Dades» à Kelaât M’gouna, a suscité une vive polémique ces derniers jours. En réponse, le ministre de la Culture a lancé une procédure de classement sur la liste du patrimoine national de certaines de ces oeuvres. 

Prévue le 23 mai prochain à Marrakech, la vente aux enchères initiée par la maison «Artcurial Maroc» a suscité la polémique sur les réseaux sociaux et auprès des défenseurs du patrimoine marocain. En cause, deux plafonds peints et des compositions en bois de cèdre sculpté signés Mohamed Melehi, et des moucharabieh et plafonniers de l’artiste Mohamed Chabâa en 1969 pour un établissement hôtelier à Kélaat M’gouna.

Les internautes ont vivement réagi quant à cet événement, qualifié de délocalisation d’une partie du patrimoine historique et culturel marocain, et dénonçant une forme de spéculation. Dans un tweet daté du 13 avril, le ministre de la Culture, Othman El Ferdaous écrit que « le Ministère a été prévenu et a lancé une procédure de classement sur la liste du patrimoine national de certaines de ces oeuvres de Melehi et Chabâa ».

« Il est interdit de détruire ou de dénaturer ou d’exporter tout objet d’art et d’antiquité mobilier qui présente pour le Maroc un intérêt historique, archéologique, anthropologique ou intéresse les sciences du passé et les sciences humaines en général. Le Ministère peut accorder des autorisations d’exportation temporaire à l’occasion des expositions ou aux fins d’examen ou d’étude », peut-on lire dans la suite des tweets du Ministre de la Culture.

Toutefois, nous ne savons pas pour le moment si les oeuvres en question ont été ou seront retirées de la dite vente aux enchères prévue le mois prochain. Selon nos confrères du Desk, elles ont déjà été soustraites à leur socle d’origine, l’hôtel des roses du Dadès.

Conçu par le duo d’architectes Patrice de Mazières et Abdesslem Faraoui, l’hôtel des roses de Dadès figure parmi l’un de leurs nombreux projets modernes et d’inspiration brutaliste visant à promouvoir la région du Grand Sud du royaume. Les oeuvres des artistes modernistes Melehi et Chabâa font partie de la conception de cet espace inédit.