Le Mexique dit adieu à son « prince de la chanson » José José

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Le chanteur mexicain José José reçoit une récompense aux Grammies Latino, le 2 novembre 2005 à Los Angeles ( HECTOR MATA / AFP/Archives )

Le Mexique a rendu hommage à l’un des plus grands monuments de la chanson mexicaine, José José, lors d’une cérémonie exceptionnelle marquée par un karaoké géant à Mexico autour de ses chansons.

Souvent en larmes, des milliers de fans, personnalités et anonymes, ont dit adieu en musique et en chansons au Crooner mexicain au 120 millions de disques, lors d’un hommage populaire grandiose au Palais des Beaux-arts.

La mort de José José survenue le 29 septembre dernier à Miami a provoqué une grande émotion au Mexique, où de nombreux fans en pleurs se sont rassemblés plusieurs fois tout au long de la semaine pour chanter ses plus grands succès et rendre hommage à leur idole.

Décédé à l’âge de 71 ans des suites d’un cancer du pancréas, « José Sosa était une part de nous-mêmes, une part du Mexique », a déclaré à la MAP Mme Martinez, une quinquagénaire aux lunettes noires, venue, quelques jours après, faire ses adieux à son idole, une paire de roses rouges à la main qu’elle a placées délicatement sur sa tombe, sous un soleil éclatant.

 

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« Je n’ai pas eu la possibilité d’assister à la cérémonie officielle aux côtés de sa famille, mais je suis venue aujourd’hui dire adieu à mon cher José José et le remercier pour son apport à la chanson mexicaine et son extrême talent », a-t-elle dit, évoquant avec lyrisme « la sensibilité indéfinissable » du chanteur et la profondeur de sa musique « qui illustrait nos déceptions et nos désirs ».

Sur les réseaux sociaux, un tsunami d’images et d’hommages déferle depuis la disparition de la vedette, une manière de rendre hommage à la carrière de celui qui chanta toujours l’amour.

Immensément populaire en Amérique latine, José José continue de recevoir des marques d’affection de la part de fans, qui laissent sur sa tombe au Panthéon français, dans le centre de Mexico, des fleurs ou s’arrêtent simplement pour prier pour le repos de son âme.

Les cendres du chanteur ont été ensevelies avec les restes de sa mère Doña Margarita, comme le souhaitait le « Prince de la Chanson ».

Surnommé le Prince de la chanson, José José était une immense star en Amérique latine, un statut qui reflète bien ses 55 ans de carrière artistique. « C’était un chanteur extraordinaire (…) Avec ses chansons il a fait pleurer et rendu heureux beaucoup de gens de ma génération », avait rappelé dans un communiqué le président mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador.

José José, de son vrai nom José Romulo Sosa Ortiz est né le 17 février 1948 à Mexico City. Bercé depuis le plus jeune âge par la musique, son père était chanteur d’opéra et sa mère pianiste, il a donc logiquement pris lui aussi le même chemin.

Adolescent, il fait ses débuts comme guitariste. Poussant également ici ou là quelques sérénades. Il rejoint ensuite un trio de jazz et de bossa nova avec lequel il chantait, jouait de la basse et de la contrebasse.

 

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En 1969, celui qui prend désormais le nom de scène de José José sort son premier album qui fut son premier grand succès, « La Nave del Olvido ».

Son premier disque d’or lui sera remis en avril 1970. Dans les années 80, le chanteur d’Amérique Latine gagna une renommée internationale. Son album « Secretos » sorti en 1983 est l’un des plus vendus de l’histoire de la musique populaire mexicaine avec plus d’un million de copies.

La qualité de ses interprétations, particulièrement pour les chansons tristes, lui a valu une célébrité intacte bien au-delà des frontières de son pays. Ces dernières années cependant, sa voix l’avait quitté. Il menait une lutte farouche contre des problèmes de dépendance, en particulier à l’alcool.

« Chère famille. Merci pour votre soutien et vos prières. Je vais très bien grâce à Dieu. Je poursuis mon traitement pour m’en sortir et nous nous reverrons bientôt », écrivait-il le 10 juin sur Twitter.