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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Le mémorandum du ministère de l’Education nationale relatif à l’annulation de quelques matières, dont l’éducation islamique, pour certains examens a suscité une grande confusion. Le ministère a finalement dû faire marche arrière face au tollé provoqué par cette décision et a limité cette annulation aux examens de contrôle continu.

    Par Mohamed Abdelouahab Rafiqui

    Indépendamment des circonstances de cette décision, qui s’est traduite par un communiqué écrit du ministère, sans aucun débat ouvert avec les citoyens, ce qui m’a interpellé, c’est la vague de colère dans les médias qui ont considéré la décision comme un complot contre l’islam et une tentative d’attaquer l’identité islamique. Certains ont même soutenu avec enthousiasme que l’État avait violé sa constitution qui déclare que l’islam est la religion d’État.

    Étrange logique, qui considère chaque mouvement dans l’univers comme une conspiration contre l’islam et les musulmans, certains ne peuvent s’empêcher de se répéter. Pourquoi le monde entier voudrait-il comploter contre les musulmans ? Quelle est la menace que les musulmans font peser sur le monde ? Quelle est leur position dans le rapport de force pour que tout le monde conspire contre eux ? Et si on croit qu’il s’agit vraiment d’un complot contre l’islam, comment expliquer l’inclusion de ces mesures pour d’autres matières telles que les études sociales et l’éducation physique ? Est-ce aussi un complot pour effacer l’histoire et la géographie, et encourager l’obésité, le diabète et le cholestérol ?

    A mon avis, le problème est plus global et ne se limite qu’à l’apprentissage restreint de ces matières d’examens ou des contrôles continus. Toutes ces matières qui inculquent un remplissage d’informations dans l’esprit de l’enfant doivent être revues. L’éducation contemporaine n’attache pas assez d’importance au savoir, autant qu’elle l’attache aux outils de réception du savoir, les mathématiques et les langues qui sont la base de l’éducation aujourd’hui, Parce qu’ils mettent à votre disposition les outils nécessaires pour traiter l’information, dont l’école n’est plus la seule source, et qui est devenue disponible en grande quantité par de multiples moyens et canaux.

    Même pour l’éducation islamique, il faut reconsidérer ses contenus et ses méthodes d’enseignement, car la religion est essentiellement un voyage de recherche et d’expérience individuelle, un état de foi et de spiritualité et pas une somme d’informations donnée à un enfant, sans oublier la terreur qu’on pratique sur lui s’il essaie de la comprendre et d’en discuter. Personnellement, je préférerais que l’enseignement de l’islam se transforme en enseignement de la morale et des valeurs, au lieu d’inculquer à l’élève des sujets qui ne le concernent ni dans son présent ni dans son avenir, comme les lois successorales qui étaient enseignées jusque-là.

     

    Lire aussi: La chronique d’Abou Hafs. Les leçons à tirer de la débâcle du PJD

     

    Mon avis personnel va plutôt au-delà de tout cela pour parler du rôle de ces examens de certification dans toutes les filières et dans toutes les matières. Comment évaluer le niveau de l’élève avec un test qui se déroule en un ou deux jours ? Ce jour-là, il peut perdre ses moyens pour peu qu’il soit sous une tension psychologique, ou avoir une fatigue passagère. Il est possible d’interroger les psychiatres sur les effets des examens sur le psychisme des étudiants. Pour ces raisons, les pays développés, qui ont les systèmes éducatifs les plus prestigieux au monde, ont complètement aboli les tests et les examens continus. En Finlande, le leader mondial de l’éducation, ils ont même annulé les évaluations des réponses (excellent, bon, mauvais…) Ils n’adoptent qu’une évaluation continue et un suivi permanent.

    Cette vague de colère a coïncidé avec la déclaration du chef d’un petit parti qui affirme que le Maroc passera d’un État islamique à un État libéral.  Je ne suis pas d’accord avec cette affirmation ni avec ses prédictions annonçant la défaite du PJD comme une menace pour l’islam, alors que le parti était considéré comme celui qui protégeait l’État musulman du mal que Raissouni et son agnosticisme francophone représentait. A noter que l’Islam s’est installé au Maroc il y a treize siècles, et non pas depuis l’apparition du « Groupe Islamique » ou même de la « Jeunesse Islamique ».

    Ce sur quoi nous devons nous concentrer aujourd’hui, ce n’est pas sur la polémique sur de prétendus complots, mais sur un système éducatif fort, qui prend en compte tous les développements et changements que le domaine de l’éducation a connus, qui prépare l’étudiant au marché de l’emploi, un système qui aide à fortifier son esprit et l’éduque et renforcer l’identité nationale et les valeurs de pluralisme, de diversité et de différence. C’est ce que nous exigeons du nouveau gouvernement. Quant aux batailles idéologiques, leur temps est révolu à l’ère de la mondialisation et de l’explosion de l’information.

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