Festival du Cinéma Méditerranéen: un court-métrage sur Bab Sebta censuré

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Cette décision a été prise étant donné que la situation entre le Maroc et Sebta et très tendue, explique à H24 Info, la réalisatrice du court-métrage «Bab Sebta».

Le court-métrage «Bab Sebta» a finalement été déprogrammé du Festival du Cinéma Méditerranéen de Tétouan. Cette décision de la «présidence» du festival a également visé le film de Karim Aitouna «Une place sous le soleil».

Sur Facebook, Randa Maroufi, artiste plasticienne et réalisatrice de «Bab Sebta» explique avoir reçu un mail de la présidence l’informant de la déprogrammation de son court-métrage. «C’est une décision indépendante de notre volonté prise, selon les organisateurs, par les pouvoirs publics de la ville ayant jugé la projection des deux films dangereuse pour la paix sociale à Tétouan», affirme-t-elle.

« Atteinte à la liberté d’expression »

Contactée par nos soins, Randa Maroufi affirme que les organisateurs ont expliqué la déprogrammation par le fait que «la situation à Sebta est très tendue». D’autant plus que les relations entre le Maroc et l’Espagne qui passent pas une mauvaise conjoncture «n’améliorent pas les choses», ont laissé entendre les organisateurs. Selon ces derniers, cités par la réalisatrice, «c’est devenu un problème politique grave et le festival évite tout ce qui est politique».

«J’ai su par la suite à travers d’autres personnes que ce qui dérange dans mon film c’est un tag “3acha Rif”», poursuit Randa Maruofi, qui dit regretter cette décision «et cette censure qui porte atteinte à la liberté d’expression».

Le court-métrage «Bab Sebta» reconstitue certaines scènes inspirées de situations réelles que la réalisatrice a observé au niveau du passage-frontière, qui est le théâtre d’un trafic de biens manufacturés transportés par celles qu’on appelle tristement le femmes-mulets. «Une place sous le soleil», de Karim Aitoun  aborde cette même problématique mais du côté marocain, à Tétouan plus précisément.