« Culture Batata », le nouveau podcast « malpoli » de Hicham Lasri

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Prévu pour démarrer le 8 janvier, le nouveau « podcast malpoli sur l’art (de vivre) malpropre », initié « par l’agent provocateur Hicham Lasri » promet « d’attaquer de front la connerie de la société, ses atavismes, sa sournoiserie, d’embêter un maximum d’individus et de gripper un maximum de rouages du pilotage automatique qui domine nos quotidiens ».

« L’idée de Culture Batata a germé dans ma tête il y a quelques mois, un de ces sideprojects probono qui m’obsèdent et m’accaparent une bonne partie de l’année m’attirant aussi beaucoup de soucis de la part des adeptes de la bien-pensance et de notre très chère élite autoproclamée, que ce soit No vaseline fatwa ou Bissara overdose, le spectre est large pour ne citer que ces deux webséries devenues cultes (merci YouTube) », écrit le réalisateur dans sa note d’intention.

Dans cet univers cynique et décalé qui lui est propre, Hicham Lasri propose « d’attaquer de front la connerie de la société, ses atavismes, sa sournoiserie, d’embêter un maximum d’individus et de gripper un maximum de rouages du pilotage automatique qui domine nos quotidiens ».

 

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Au programme? « On va parler de cinéma, de musique de Georges Bernanos, de fromage rouge, bipper les marques pour ne pas se faire embêter par leurs cerbères postmo9ati3oun, se foutre la gueule de la gueule de MamacDonald, du détergent Tite, de Welovebuzzebal et tout ce qui tombe sous notre meatgrinder popculturel. Ça va clasher, ça va buzzer, ça va faire du bien là où ça fait mal ».

L’artiste pluridisciplinaire explique le choix des mots. « Pourquoi la culture? C’est un mot con et low-key pour éviter la grossièreté de dire art. Et en même temps l’art est la seule chose valable dans ce monde, tout le reste n’est que du gras, plein de bruit et de fureur et qui ne signifie rien. (…) Pourquoi batata? Pour arrêter le snobisme petit bourgeois et les cénacles artistiques d’autocongratulation qui ne font que cacher l’imposture des sociétaires des associations de malfaiteurs qui jonchent le secteur culculturelo-artistiques et ses cohortes d’imposteurs, de parasites, de gatekeepers, de profiteurs, de rentiers et d’escrocs, de détrousseurs, d’aigrefins et de larrons en foire du trône. »

Le réalisateur casablancais serait-il quelque peu agressif ? « Non, jamais, c’est juste un fond de punkitude dont j’ai du mal à m’en débarrasser. Rien de méchant, il suffit d’avoir un peu d’humour », se défend-il. « Maintenant que j’ai réalisé tous mes rêves d’artiste (cinéma, roman, théâtre, chanson, romans-graphiques, badge bleu sur Instaram, Facebook et YouTube…), j’ai assez de temps pour me faire quelques ennemi-e-s de plus, en saccageant l’indéboulonnable statu quo, en levant l’omerta sur la pratique de l’art et la gestion de culture subventionnée et pourquoi pas, espérer un léger frémissement, un signe de vie, autre chose que le dédouanement des institutions dépassées, autre chose que la zombification systématisée du domaine de la pensée et de la création ».

Car « c’est ça la fierté première de Culture Batata (…). C’est un machin (une machine) à empêcher de ronronner… ».

Dans le premier épisode de Culture Batata, Lasri cause pétitionnisme et féminisme, ce « cheval de bataille de Troie de ceux qui n’ont rien à dire ». Bien rythmé avec de multiples références (musicales, littéraires, cinématographiques, etc), le podcast livre les réflexions de l’artiste sur ces deux sujets, avec la participation de Chaimae Amine, productrice de Culture Batata. Hicham Lasri « m’a invitée à produire son podcast Culture Batata en me donnant le plus efficace et le plus impossible des briefs: rends-moi drôle ».

A écouter dès le 8 janvier prochain sur les plateformes Apple Podcasts, YouTube et Spotify.