Aïd al-Adha: attention aux arnaques!

Publié le
Aïd Al Adha.
Aïd Al Adha.

Engraissement illégal, fausses annonces, hausse injustifiée des prix…, un bon nombre de pratiques frauduleuses sévissent les marchés locaux visant, principalement, à piéger le consommateur.

Ces vagues d’arnaques sont apparues un mois avant l’annonce de la date officielle de l’Aïd Al Adha, avec une première affaire qui a ébranlé la toile, à savoir la création de fausses plateformes numériques de vente de moutons. Les annonceurs dressent des vitrines alléchantes aux offres attirant les acheteurs avec des images de moutons presque trop parfaites pour être vraies. Cependant, les associations de protection des consommateurs ont tiré rapidement la sonnette d’alarme sur ces achats impulsifs de moutons sur Internet.

A l’approche du jour J, les stratégies et les astuces se multiplient pour gruger les acheteurs dans les souks. Parmi les plus répandues, la mise en scène d’attroupements autour de vendeurs dispersés dans les marchés les plus fréquentés, chacun avec quelques moutons, rivalisant autour des tarifs pour attirer l’attention des acheteurs.

Lire aussi: Aïd Al Adha: les recommandations de l’ONSSA pour mieux conserver la viande

Des personnes s’agglutinent alors autour des vendeurs, mais en réalité ce sont des intermédiaires et spéculateurs, connus sous le nom de «Chennaka». Cette mise en scène fonctionne bien dans la plupart des cas, l’acheteur peut se retrouver arnaqué en négociant un prix du mouton pouvant atteindre jusqu’à 7.000 dirhams au lieu des 4.000 initialement prévus au départ.

Ces «Chennaka» usent aussi d’une autre astuce consistant à organiser une collusion entre les éleveurs-vendeurs et les intermédiaires pour influencer les prix et duper les vrais acheteurs. Leur stratégie vise d’abord à simuler des négociations serrées pour faire baisser le prix, puis à se retirer subitement pour encourager l’acheteur à finaliser l’achat du mouton.

Pour y parvenir, ces intermédiaires emploient un langage et des expressions émotionnelles pour manipuler l’acheteur, tel que « ce mouton, je le voulais pour ma famille, mais Dieu le veut pour la tienne » et d’autres phrases dans le même style.

Ces pratiques perdurent et continuent de duper des acheteurs de plus en plus désespérés en raison de l’inflation. Récemment, les autorités de Marrakech ont procédé à l’arrestation, mardi 11 juin, d’une femme qui avait collecté plus de 200.000 dirhams auprès de plusieurs personnes en leur faisant croire qu’elle pouvait leur offrir un mouton coûtant entre 5.000 et 6.000 dirhams à seulement 2.000 dirhams, rapporte le journal Assabah.

D’après la même source, cette femme a dépensé tout l’argent qu’elle avait ramassé jusqu’à devenir incapable de satisfaire ceux qui lui ont avancé des sommes pour leur mouton.

A l’instar des années précédentes, des opérations de contrôle sont mises en place pour détecter les pratiques frauduleuses à l’approche de cette fête. A la date du 31 mai, le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Mohamed Sadiki, a indiqué, que ces opérations ont abouti à la rédaction de deux procès-verbaux pour la saisie de 51 tonnes d’aliments pour animaux non conformes à Béni Mellal et à Taroudant.

L’année dernière, ces opérations ont permis la saisie de plus de 232 tonnes de fiente de volaille destinées à l’alimentation du bétail pour l’Aïd Al-Adha à Mediouna, ainsi que 98 moutons. Ces pratiques ne se limitent pas aux aliments, des éleveurs et commerçants vont jusqu’à l’injection de produits chimiques, des corticoïdes ou des pierres de sel à leur bétail pour leur donner un aspect plus vigoureux.

La rédaction vous conseille

Les titres du matinNewsletter

Tous les jours

Recevez chaque matin, l'actualité du jour : politique, international, société...

Aïd al-Adha: attention aux arnaques!

S'ABONNER
Partager
S'abonner