Affaire Dr. Tazi : le procès touche à sa fin, le jugement est mis en délibéré

Publié le
Affaire Dr. Tazi : l’émouvante dernière plaidoirie du chirurgien esthétique
© Moanis

Après plus de deux ans de son éclatement en avril 2022, l’Affaire du Dr Hassan Tazi touche à sa fin. Après d’émouvantes dernières plaidoiries, le jugement a été mis en délibéré ce vendredi 03 mai 2024.

La chambre criminelle de première instance près la Cour d’appel de Casablanca a entendu les dernières plaidoiries du Dr Hassan Tazi (propriétaire d’une clinique privée), sa femme, son frère ainsi que cinq autres accusés.

Les huit accusés risquent de très lourdes peines pour constitution d’une bande criminelle, escroquerie en bande organisée, traite des êtres humains et pratiques frauduleuses (…) au sein de la clinique privée spécialisée dans la chirurgie esthétique que dirigeait le docteur Tazi.

Alors que les accusés prononçaient leurs derniers mots devant la Cour les uns après les autres, y compris l’épouse du Dr Tazi Mounia Benchaqroun, tout le monde attendait le tour de ce dernier.

Le chirurgien adepte de la zaouïa Boutchichiya a d’abord commencé son plaidoyer en récitant la Fatiha avant de citer le fameux hadith du prophète « Chacun d’entre vous est un berger et chacun d’entre vous est responsable de son troupeau ».

« Je suis poursuivi dans ce dossier en tant que « berger responsable de son troupeau ». Mais en fait mon troupeau se limite à ma petite famille. Ma femme et mes enfants. Je suis médecin et je ne suis pas responsable de ce qui s’est passé dans ma clinique à cause des employés », a-t-il déclaré.

« Le dossier est clair, je réclame l’acquittement. Je vous implore de me l’accorder si je le mérite », a-t-il clamé, soulignant que les factures qui figuraient dans les procès verbaux « ne concernent pas ma personne en tant que médecin –personne physique–, mais concernent plutôt la clinique Al chifa en tant que personne morale ».

Dr. Tazi a centré sa plaidoirie sur la contestation de la plus lourde accusation qu’il encourt, à savoir la traite des êtres humains. « Le dossier entre vos mains ne contient aucun crime de traite des êtres humains », a-t-il martelé.

« Le médecin peut commettre une erreur, il peut même commettre une faute grave, mais lorsqu’il s’abstient de soigner quelqu’un il se trouve face à un crime. Nous ne nous sommes pas abstenus de soigner une personne en danger », a-t-il expliqué, estimant que « ce procès est le procès de l’ensemble du corps médical.

« La responsabilité médicale du médecin se limite en son champ d’action en tant que médecin et n’a aucune relation avec le travail d’un directeur d’un établissement de santé », a-t-il dit renvoyant la responsabilité des pratiques frauduleuses liées à la collecte des sommes d’argent auprès de bienfaiteurs sous couvert de s’acquitter des frais d’hospitalisation de patients démunis ou encore celles en liaison avec les factures gonflées aux employés.

Le chirurgien a imploré le pardon et miséricorde de la Cour en déclarant: « J’espère votre intercession et votre miséricorde. La miséricorde de Dieu précède sa colère, même si nous péchons ».

Son frère cadet, Abderrazak Tazi a de son côté clamé son innocence. « Je n’ai rien à voir avec cette affaire, que ce soit de près ou de loin. Je ne suis qu’un bouc émissaire », a-t-il dit. « Depuis qu’on m’a jeté en prison, je suis devenu comme un cadavre sans âme », a-t-il regretté.

Pour sa part, l’épouse du célèbre chirurgien esthétique, Mme Mounia Benchaqroun, a déclaré qu’elle était innocente de toutes les accusations portées contre elle, expliquant qu’elle n’avait aucun lien avec la clinique.

« Le seul lien que j’ai avec cette clinique est mon mari », a-t-elle indiqué, suppliant la Cour de lui rendre justice et lui donner ses droits.

Lire aussi: Condamné à trois ans de prison dont deux avec sursis, Dr. Tazi quitte la prison

Rappelons que l’enquête menée par la police judiciaire sous la supervision du parquet a révélé l’implication des accusés dans une affaire liée à la collecte de sommes d’argent auprès de bienfaiteurs sous couvert de s’acquitter des frais d’hospitalisation de patients démunis et aussi à des factures gonflées au sein de la clinique appartenant au chirurgien esthétique très connu.

Les recherches et investigations intensives menées par les services de la Sûreté nationale avaient permis l’interpellation de la principale prévenue, qui nouait contact avec les supposés patients et les prenaient en photo sous prétexte de leur venir en aide, avant de se servir de ces photos pour amasser d’importants dons, justifiés moyennant des factures falsifiées et de faux rapports et bilans médicaux, en complicité avec ses acolytes.

La rédaction vous conseille

Les titres du matinNewsletter

Tous les jours

Recevez chaque matin, l'actualité du jour : politique, international, société...

Affaire Dr. Tazi : le procès touche à sa fin, le jugement est mis en délibéré

S'ABONNER
Partager
S'abonner