La mobilisation s'organise pour le militant Oussama Housne

à 15:00

Oussama Housne, militant du Mouvement du 20 février (M20F) et membre de l'AMDH, a été condamné mercredi 23 juillet à 3 ans de prison ferme et 10.000 DH d'amende par le tribunal de première instance d'Ain Sebaa. Il était poursuivi pour "dénonciation calomnieuse et plainte d'un crime qui n'a pas eu lieu". Pour protester contre cette décision, plusieurs militants, et amis se sont joints à la famille d'Oussama Housne pour un sit-in prévu ce soir à 22h devant le parlement, nous affirme Samira Kinani de l'AMDH.

Une décision "grotesque"
"La décision de la justice est juste énorme, c'est grotesque! Quand Ali Anouzla a été arrêté (pour apologie du terrorisme en septembre 2013, ndlr), plusieurs politiques se sont empressés de dire que c'était un terroriste, il faudrait alors tous les poursuivre pour dénonciation calomnieuse", s'indigne Samira Kinani, qui rappelle que "selon la loi, les condamnations pour calomnie ne dépassent pas les 6 mois".
 
Début mai, Oussama Housne, qui est également militant du Parti de l'avant-garde démocratique et socialiste (PADS), affirmait avoir été kidnappé et torturé "par des hommes proches du makhzen".
 
Oussama a menti selon le procureur du roi, l'AMDH n'y croit pas
Le 1er juin, le jeune homme de 22 ans est arrêté. Le procureur du roi explique alors, dans un communiqué, que les déclarations d'Oussama Housne ont été "inventées de toute pièce et n'ont aucun fondement". Une version contestée par l'AMDH. "Lors de son procès, sa défense a clairement noté que la version du parquet était ambigüe", nous expliquait Youssef Raissouni membre de l'AMDH, insistant sur le fait que la justice a refusé d'entendre certains témoins.
 
De son côté, Samira Kinani affirme qu'après les interrogatoires, "il (Oussama Housne, ndlr) a eu des crises. On l'a emmené chez le médecin qui disait qu'il avait besoin de repos après le traumatisme qu'il a subi".
 
Même scénario pour la militante Wafaa Charaf?
Le cas d'Oussama Housne n'est pas isolé. La militante AMDH Wafaa Charaf est également poursuivie en état d'arrestation pour "dénonciation calomnieuse" et "plainte contre un crime qui n'a pas eu lieu" par le parquet de Tanger depuis le 11 juillet.                                                                                                                        
En avril dernier, cette activiste du M20F a déposé une plainte où elle assure avoir été kidnappée et torturée par deux personnes en rentrant d'une manifestation en soutien à des travailleurs licenciés à Tanger. Le 14 juillet lors de sa première audience le juge a rejeté la demande de liberté provisoire et son procès a été reporté pour le 4 aout.
 
Abdelali Jaoute dit avoir été torturé puis se rétracte
Un autre militant du M20F et du PADS, Abdelali Jaoute affirmait récemment avoir été torturé dans un commissariat à Tanger. Une enquête a alors été ouverte. Et après avoir été entendu par la police. Le jeune activiste a "nié avoir fait l'objet de tortures" selon un communiqué du ministère de la Justice repris par le site d'information Al Yaoum 24. Contrairement à Oussama Housne et Wafaa Charaf, il n'a pas été poursuivi, mais il a par contre été expulsé du PADS.