Toujours contesté, le projet de loi sur l’Instance de parité passe enfin

à 10:00

Le projet de loi tant attendu pour la création de l'Instance nationale de la parité et de lutte contre toutes les formes de discriminations avait été présenté en février en Conseil du gouvernement. Il a enfin été adopté jeudi dernier à Rabat, sous la présidence du chef de gouvernement Abdelilah Benkirane.

"Cette instance aura pour mission de veiller au respect des droits et libertés relevant de son champ d'intervention et de prendre des initiatives visant à promouvoir l'égalité, la parité et la non-discrimination", a affirmé le porte-parole du gouvernement Mustapha El Khalfi.

Le texte en question est toujours contesté par plusieurs associations féministes et des partis de l’opposition. Pour tenter de contrecarrer cela, le Conseil de gouvernement va mettre en place une commission interministérielle qui sera chargée d'examiner les dossiers "en toute conformité avec les Principes de Paris régissant les institutions nationales chargées de la promotion et la protection des droits de l'homme", a indiqué le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement Mustapha El Khalfi, à l'issue de cette réunion.
"Le comité scientifique a reçu plus de 80 mémorandums de la part des instances nationales, des associations et acteurs de la société civile, des organisations professionnelles, des partis politiques et des individus", précise El Khalfi.
Pour rappel, l'article 19 de la nouvelle constitution, adoptée en 2011 dans le contexte du Printemps arabe, consacre "l'égalité des droits" et exhorte l’État à "œuvrer pour la parité" à travers la mise en place d'une instance spéciale.
Des associations de défense des droits des femmes, dont l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM), avaient critiqué le retard pris dans ce chantier et appelé le gouvernement à accélérer la cadence.
Notons que mis à part la mise en place d'une instance de la parité, un projet de loi contre les violences faites aux femmes est à l'étude et fait l'objet de vifs débats.
Selon le Haut-commissariat au plan (HCP), "45,7% des femmes sont analphabètes et 62,8% sont victimes de violences, malgré les avancées notables dans la réduction des disparités entre les deux sexes".
Les femmes subissent deux fois plus le chômage et ont un salaire moyen 26,2% moins élevé que ceux des hommes. Bien que représentant 33,6% des salariés au niveau national, elles ne perçoivent que 20,9% de la masse salariale.
Elles sont également les plus concernées par le "travail domestique et sans rétribution" (92%).
Le texte sera bientôt présenté devant la commission de la justice et de la législation à la Chambre des représentants. Débats houleux en perspective.