Le Commandeur des croyants laïcise les imams

à 13:45

L'Etat, sa plus haute autorité pour être précis, a tranché. Et par dahir SVP.  Le roi en a signé 4, parus dans le bulletin officiel du 26 juin. Objectif, donner un nouveau souffle à l'encadrement du champ religieux au Maroc. Le mélange entre religion et politique, c'est désormais fini.
 
Pas de politique pour les imams
Dans le plus étonnant de ces dahirs, le souverain interdit aux imams et préposés religieux toute appartenance partisane et syndicale ainsi que toute prise de position dans ces deux domaines. Ceci, pour aussi longtemps que durera la période d'exercice de leur fonctions.
"Il [préposé religieux] lui est interdit, durant cette période, d'avoir une activité politique ou syndicale, ou de prendre une quelconque position de nature politique ou syndicale" peut-on lire dans l'article 7 du dahir, annonçant ainsi une nouvelle forme de sécularisme dans le pays.

Travail, doctrine, et... vêtements!
Il est également interdit aux préposés religieux d'exercer une "activité génératrice de revenus dans le secteur public ou privé, sauf autorisation du gouvernement, à part les activités scientifiques, intellectuelles et créatives qui ne rentrent pas en contradiction avec la mission qui leur est assignée".
Les préposés sont également tenus, selon ce dahir, de "respecter les fondements du rite malékite, achâarite et les constantes de la nation et de porter "la tenue marocaine pendant l'exercice de [leurs] fonctions".  
 
Des grincements de dents à prévoir 
Ce changement est dictée par une volonté de  "restructuration" souligne le préambule du dahir. Mais cette décision risque de ne pas plaire à tous les imams, notamment les proches des mouvances islamistes (PJD, AWI et salafistes) qui utilisent souvent les mosquées pour exprimer des positions politiques. Cela étant, il ne fait que mettre en pratique l'article 41 de la Constitution qui stipule que "Le roi exerce par dahirs les prérogatives religieuses inhérentes à l’institution d’Imarat Al Mouminine (Commanderie des croyants, ndlr) qui lui sont conférées de manière exclusive..."
 
Les autres dahirs concernent la création d'une école de formation des imams, des mourchidine et mourchidate, le renforcement du programme d'alphabétisation dans les mosquées ainsi que l'instauration d'un prix d'une valeur de 20.000 dirhams pour les cinq meilleurs élèves de ce cycle d'alphabétisation.