Benabdellah, Benkirane, Moulay Hicham… la défense des victimes n'apprécie pas les soutiens de Bouachrine

à 21:29

Dans une conférence de presse, les avocats des victimes dans le procès de Taoufik Bouachrine ont considéré, mercredi à Casablanca, que le procès était équitable.

La chambre criminelle de la Cour d’appel de Casablanca a condamné, vendredi dernier, Taoufik Bouachrine, à 12 ans de prison ferme, à une amende de 200.000 dirhams et au dédommagement de certaines victimes. Le journaliste a été, notamment, inculpé de traite d’êtres humains, d’abus d’autorité à des fins d’exploitation sexuelle et de harcèlement sexuel, des actes commis sur 8 victimes et qui ont été filmés.

Lors d’une conférence de presse destinée «à éclairer l’opinion publique», les avocats des victimes ont assuré que le procès a pris le temps nécessaire en se prolongeant pendant près de 9 mois, avec 80 auditions d’une durée de 8 à 12 heures chacune. «Le tribunal est, quant à lui, resté à équidistance des parties de cette affaire, qui a captivé l’opinion publique et les médias durant de longs mois», se sont-ils félicités.

 

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Les avocats des victimes ont, à cette occasion, annoncé qu’ils ont décidé d’interjeter appel pour «défendre des femmes exploitées sexuellement et mettre un terme aux attaques qui les visent, parce que certains ont tenté, dès le début, à conférer un caractère politique à cette affaire». Ils ont relevé que les dédommagements matériels «sont loin de réparer le préjudice social et psychologique qui va les guetter toute leur vie», promettant «des surprises» pour le procès en appel.

Réponses aux soutiens de Bouachrine

Après l’annonce du verdict, plusieurs personnalités politiques et de la société civile ont annoncé leur étonnement et leur indignation. Certains ont dénoncé «un procès politique qui démontre que la réforme de la justice est encore au point zéro». La défense des victimes a critiqué les interventions des soutiens de Bouachrine qui tentent, selon elle, d'influencer le système judiciaire et de politiser le procès. L’un des avocats a qualifié d’«expulsés et de retraités» les personnalité qui l'ont soutenu, faisant allusion à Nabil Benabdellah et Moulay Ismail El Alaoui du PPS et M’hamed El Khalifa de l’Istiqlal.

Pour sa part, l’avocate Fatima Zohra Chaoui a considéré que la publication sur Twitter de Moulay Hicham sur le sujet est une violation grave et une intervention dans le système judiciaire. Elle a assuré lors de la conférence de presse que le prince essaye toujours d’exploiter tout événement, susceptible de nuire au royaume.