Affaire Bouachrine: le verdict est tombé

à 23:35
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Après plusieurs mois de procès, le tribunal de première instance de Casablanca a rendu son verdict dans l’affaire de Taoufiq Bouachrine, directeur de publication du quotidien Akhbar Al Yaoum. 

Poursuivi pour viol, harcèlement et traite humaine, Taoufiq Bouachrine a écopé d’une peine de 12 ans réclusion et d'une amende de 2,2 millions de dirhams au profit des victimes.

Le président de la cour a suspendu l'audience pour passer aux délibérations, au passage, il a annoncé la fin du huis clos. Plusieurs journalistes ont investi le hall du tribunal pour espérer arracher les déclarations des avocats. Avant les délibérations, l’accusé a reconnu lors de sa dernière allocution devant la cour qu’il avait eu des rapports sexuels «consentis » avec les victimes et qu’il a fait les frais de ses écrits à charge contre le «régime saoudien ».

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Pour mémoire, Bouachrine a été jugé pour les délits de harcèlement sexuel, recrutement d’individus en vue de la prostitution dont une femme enceinte, l’usage de moyens qui permettent de photographier, de filmer ou d'enregistrer ces actes dont les peines sont prévues dans les articles 498,499 et 503-1 du code pénal, lesquels actes auraient été commis sur 8 victimes qui ont été filmées à l’aide de séquences vidéo, d’environ 50 films enregistrés sur CD et support numérique.

Lors des plaidoiries, les avocats des plaignantes et de la partie civile ont assuré que l’expertise effectuée par le laboratoire technique de la gendarmerie nationale ont confirmé qu’il  s’agissait bien Taoufiq Bouachrine qui figure sur les enregistrements vidéos saisis. La défense de l’accusé avait un autre avis. Selon Mohamed Ziane, les séquences saisies par les autorités et projetées pendant le mois de ramadan étaient filmées «dans l’obscurité», ce qui ne permet pas d’en distinguer les acteurs.

Le «verdict» du laboratoire de la Gendarmerie royale est sans appel : «les 65 vidéos sont authentiques». Regroupées dans un disque dur appartenant à Bouachrine, selon le parquet, elles ont été saisies le jour de son arrestation. Bouachrine, pour sa part, avait démenti tout lien avec les vidéos saisies expliquant qu’il n’était pas le propriétaire du matériel saisi (caméra et disque dur).

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Lors du procès, les témoignages des plaignantes ont été les principales preuves à charge contre le détenu, malgré le désistement d’une partie des plaignantes. Face à certains témoignages, Bouachrine a préféré quitter la salle d'audience de la Cour d'appel de Casablanca. En  l’absence d’une stratégie de défense claire, les avocats de Bouachrine ont essayé de «politiser» le procès expliquant que Bouachrine était victime d’une vengeance et d’une machination politico-judiciaire.