Un responsable de mosquée marocain accusé de proxénétisme

H24info
La Justice française reproche à Abdeslam Bahiad d’avoir, en profitant de la détresse de certaines, organisé un vaste réseau de prostitution de jeunes Marocaines de 14 à 25 ans.

La Justice française reproche à Abdeslam Bahiad d’avoir, en profitant de la détresse de certaines, organisé un vaste réseau de prostitution de jeunes Marocaines de 14 à 25 ans. ©DR

Le procès d'un ancien responsable de la mosquée d'Orange (sud de la France) s'est ouvert aujourd'hui. Il est accusé, avec trois de ses fils et une femme, d'avoir organisé un réseau de proxénétisme adossé à une filière d'immigration clandestine depuis le Maroc.


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Après plusieurs années d’instructions, s'est ouvert ce jeudi le procès d'Abdeslam Bahiad, ancien responsable de la mosquée d'Orange (Vaucluse) devant le tribunal correctionnel de Carpentras. Avec trois de ses fils et une femme, il est accusé d'avoir organisé un réseau de proxénétisme adossé à une filière d'immigration clandestine depuis le Maroc entre 2007 et 2009.
 
 A la barre du tribunal, tous les prévenus ont contesté vigoureusement les faits qui leur sont reprochés. "Il n'y a que des mensonges", a regretté le patriarche âgé de 58 ans. "Ce dossier me dépasse", a renchéri un de ses fils. 

En vingt ans à Orange, Abdeslam Bahiad était devenu un véritable notable,  propriétaire d'un bar (“Le France”) et de nombreux appartements dans toute la ville. Il était, depuis 1985, président de l'association "Lumière de Dieu", chargée de la gestion de la principale mosquée d'Orange lorsqu'il a été mis en examen et incarcéré en juin 2009 pour proxénétisme aggravé, non justification de ressources, blanchiment d'argent et aide au séjour irrégulier. 
 
Ils forçaient de jeunes Marocaines à se prostituer
Les délits de proxénétisme aggravé, non justification de ressources et blanchiment d'argent ont également été retenus contre ses trois fils, Niki, Omar et Abdelghafour, âgés aujourd'hui de 30 à 37 ans. Une femme, Drissia El Bouchti, âgée de 47 ans, suspectée d'être une "rabatteuse", est poursuivie pour proxénétisme, non justification de ressources et aide au séjour irrégulier. 
 
Les prévenus sont soupçonnés d'avoir fait entrer illégalement en France sept jeunes Marocaines en contrepartie d'un versement de plusieurs milliers d'euros. Les immigrées clandestines, qui comptaient obtenir leur régularisation, étaient ensuite contraintes à la prostitution pour rembourser leurs dettes.

Les clients étaient abordés dans le bar tenu par la famille Bahiad à Orange et les relations sexuelles tarifées se déroulaient dans les nombreux appartements que le père possédait dans la ville.
 
Un réseau actif depuis longtemps
Une enquête avait été ouverte en 2007, après le témoignage d’une jeune Marocaine expliquant que le clan organisait le voyage en France de nombreuses filles depuis le Maroc pour les prostituer à Orange.

L'enquête de la police judiciaire d'Avignon n'a retenu que sept victimes entre 2007 et 2009, mais le réseau aurait été actif depuis plus longtemps. "Ce système fonctionnait de manière efficace, rémunératrice et ancienne", a résumé le président Michel Célarès au début de l'instruction. Les réquisitions sont prévues en fin de journée.
 

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