Le métro aérien de Casablanca sur les rails

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Le tracé du tramway et du futur métro aérien de Casablanca

Le métro va relier la grande mosquée Hassan II à Hay Moulay Rachid en passant par Sidi Bernoussi, en suivant les boulevards Driss El Harti, Zerktouni et Mohamed VI. ©DR

Le conseil de la ville vient de valider le tracé du futur métro aérien de Casablanca. Quels changements -positifs et négatifs- va-t-il apporter ? A quand un système de transport en commun intégré ?

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Hier, jeudi 6 juin, le Conseil de ville de Casablanca a validé le tracé du futur métro aérien qui ira de la grande mosquée Hassan II à Hay Moulay Rachid en passant par Sidi Bernoussi, en suivant les boulevards Driss El Harti, Zerktouni et Mohamed VI. Les zones d’Al-Fida Mers-Sultan, Sbata et Sidi Othmane bénéficieront également de ce moyen de transport.
 
Ce vote du Conseil de ville semble avoir été une formalité, puisque l’appel d’offres lancé par l’entreprise Casa Transport, responsable du tramway et du futur métro aérien, comportait déjà une carte avec ce même tracé et les futures stations prévues le long de la ligne. Un tracé qui remonte à six ans avec la publication du Plan de déplacement urbain de Casablanca, rappelle Mounir Bensalah, blogueur et ingénieur dans le domaine des transports.
 
Diaporama: Le tour du monde des lignes de métro aériennes

Les travaux sont censés « inch’allah si tout va bien » débuter en 2014 et durer plus de trois ans. Les Casablancais doivent donc se préparer à affronter une circulation encore plus chaotique que d’habitude (ce qui n’est pas peu dire). Sans parler des nuisances occasionnées par la construction pour les riverains… Cependant, Mounir Bensalah se montre rassurant : « il faudra ériger des colonnes en béton, et les voies vont être étrécies, certes, mais les travaux devraient moins gêner la circulation que ceux du tramway. »
 
Car Mounir Bensalah, comme beaucoup de Casablancais, se demande surtout si la capitale économique bénéficiera un jour d’une régie permettant de mettre en place l’intermodalité des transports collectifs : bus, tramway et métro aérien. Ce qui permettrait aux usagers voulant aller d’un point Y à un point X, d’emprunter un bus, puis le tramway ou le métro, avec un seul ticket, et en perdant le moins de temps possible : le tracé et le timing des lignes ayant été optimisé.
 
M’dina Bus à la traîne…
Chez Casa Transport, une source nous répond de bonne grâce que l’intermodalité entre le tramway et le métro sera immédiate : les deux moyens de transport dépendant de la même entreprise.
 
En ce qui concerne l’intermodalité avec les bus, Casa Transport estime avoir fait sa part du boulot. « Nous avons construits 5 pôles d’échange pour faciliter les correspondances avec les bus. Ils sont prêts. Mais M’dina Bus doit investir pour faire évoluer son système de billetique afin qu’il soit compatible avec le nôtre. » Une évolution qui a traîné. Pourtant, toujours selon la même source, « en 2012, M’dina Bus a reçu 50 millions de dirhams de subventions pour l’aider à effectuer cette transition ».
 
Mais comme tout arrive à qui sait attendre (longtemps), M’dina Bus vient de faire le premier pas en direction  de cette intermodalité : elle a lancé la campagne « Montée-Descente sur ses bus ». En vue de la prochaine mise en place de la « billetique » qui remplacera les tickets vendus via un  receveur, les usagers ont été invités à monter par devant et à descendre par derrière.
 
M’dina Bus annonce également que « les premiers essais [de billetique] seront lancés dans le centre pilote de Mohammedia en juillet 2013 ».
Dernier frein à l’intermodalité, le Conseil de ville a encore à se prononcer sur le prix des tickets bus/tram, nous apprend notre source chez Casa Transport…
 
Les Casablancais vont-ils abandonner leur voiture ?
Pour revenir au métro aérien, il va desservir des zones très peuplées, prévu comme un « système de transport de masse » avec une capacité de 400 000 voyageurs par jour.
Quant aux usagers du tramway, s’ils n'étaient que 20 000 par jour dans les premières semaines de circulation, ils seraient 70 000 aujourd’hui.  Casa Transport compte bien atteindre les 100 000 à la fin de l’année et les 250 000 en 2015. 
 
 Peut-être qu’à la sempiternelle question « les Casaouis laisseront-ils jamais tomber leur voiture » on pourra bientôt répondre : « oui, grâce à beaucoup de réorganisation et un peu de temps pour changer leurs habitudes. » Soyons optimistes...

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