Nouvelle provocation du Polisario: bruits de bottes au Sahara

H24info
Nouvelle provocation du Polisario: bruits de bottes au Sahara

Le Front Polisario a ostensiblement déployé ces derniers jours une nouvelle position militaire au Sahara, sur un point chaud et à un jet de pierre de l'armée marocaine.

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Les photos s'affichent sur plusieurs sites internet pro-Polisario: le chef de la guérilla séparatiste, Brahim Ghali, treillis militaire et moustache blanche, y apparait dans les sables au côté de quelques-uns de ses hommes le long de la côte atlantique. On le voit passant ses troupes en revue, au milieu de véhicules tout terrain garés dans les dunes. Selon ces mêmes sites, Ghali serait venu superviser dans la zone de Guerguerat la mise en place d'une "base d'appui" du Polisario.
 
A la frontière avec la Mauritanie, Guerguerat est située dans le sud-ouest du Sahara.

Coup de pression
Disant vouloir lutter "contre la contrebande", l'armée marocaine a entamé mi-août dans cette zone la construction d'une route goudronnée au-delà de son mur de défense, une barrière de sable bâtie sur près de 2.500 kilomètres. Depuis, le Maroc a assuré qu'il fera "preuve de retenue", mais s'est dit déterminé à achever la construction de sa route asphaltée.
 
L'installation d'un poste avancé du Polisario, mise en scène via ses relais médiatiques et sous le nez des militaires marocains, est une "provocation qui peut difficilement rester sans réponse", analyse un bon connaisseur du dossier. Il y voit "une stratégie de tension évidente" de la part des indépendantistes. Rabat n'a toutefois pas commenté officiellement. Silence également sur les médias publics, qui se sont contentés d'annoncer ces derniers jours -sur un ton très neutre- la nomination d'un général chinois à la tête de la Minurso.
 
- 'Gesticulations' -
"Il s'agit surtout de gesticulations de la part du Polisario", tempère Khadija Mohsen-Finan, spécialiste de la région et professeur à l'Université de Paris I. Nouveau chef du Polisario depuis la mort de Mohamed Abdelaziz en mai 2016, "Ghali essaie de relancer la pression et donner une nouvelle dynamique à son mouvement pour se détacher de la ligne Abdelaziz, qui avait conduit à l'immobilisme".
 
Mais le Polisario "n'a plus beaucoup d'atout", observe Mme Mohsen-Finan. "Militairement, face au mur de défense marocain, toute incursion est perdue d'avance. Et puis plus personne ne table sur un dénouement armé au conflit", souligne-t-elle, alors que le "Polisario ne peut pas s'engager dans une confrontation sans l'aval d'Alger, qui ne le souhaite pas". 

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