Narcotrafic: ce que cache le gros coup de filet maroco-espagnol

H24info
Narcotrafic: ce que cache le gros coup de filet maroco-espagnol

©DR

L'importante saisie de 2,575 tonnes de cocaïne au large des côtes marocaines en novembre a confirmé une vieille crainte des polices européennes...

LES ARTICLES POPULAIRES

Les éléments de la Direction générale de surveillance du territoire ont réalisé un gros coup de filet à la mi-novembre 2016, lorsqu’ils ont intercepté un chalutier et saisi 2,575 tonnes de cocaïne au large des côtes marocaines. Dans le cadre de la même affaire, une opération conjointe avec leurs collègues de la Police nationale espagnole a permis l’arrestation dans les deux pays de 24 citoyens marocains, espagnols et colombiens.
 
Une vieille cainte qui se confirme
Néanmoins, cette vaste opération, la première entre les deux pays en matière de lutte contre le narcotrafic, a confirmé une vieille crainte des polices européennes, remarque le journaliste espagnol Ignacio Cembrero. Dans un rapport publié décembre dernier, le Centre européen du monitoring des drogues (European Monitoring Center for Drugs) a exprimé sa «préoccupation grandissante» face au trafic de cocaïne qui emprunterait les routes déjà existantes pour d’autres drogues comme le cannabis. Mêmes personnes, mêmes itinéraires, mais avec des gains bien plus élevés.

Au Maroc, le narcotrafic se fait aussi... sur place
Mais ces routes ne sont pas que maritimes. La DGSN a publié début janvier le bilan de ses activités au cours des trois dernières semaines du mois de décembre: 6,763 tonnes de cocaïne saisies, dont une bonne partie confisquée sur terre. Et la poudre blanche est même fabriquée sur place au Maroc. La DGSN a démantelé, début septembre 2016 à Bouchtat, un laboratoire de production et saisi 200 kilos de cocaïne, rappelle encore Cembrero.
Le rapport du Centre européen du monitoring des drogues confirme par ailleurs que le Maroc demeure le plus grand exportateur de cannabis vers l’Europe et le premier producteur mondial avec l’Afghanistan. Sur le Vieux Continent, le cannabis (24 milliards d’euros par an) représente 38% du marché de la drogue, contre 24% pour la cocaïne.

La transition ou l'art de la résilience

Comment la production marocaine de haschich reste-t-elle stable malgré une réduction de la surface cultivée de 134.000 hectares en 2003 à 47.500 en 2011? Des méthodes de cultures améliorées permettent que les plantes de cannabis «poussent plus vite, produisent davantage de sommités fleuries et contiennent aussi une concentration plus élevée du principal psychoactif (…)» explique le centre de recherche dépendant d’Europol. Il s’agit donc d’une «transition à la culture de plantes de plus forte puissance et aussi à la production d’une résine plus forte».

Cembrero explique que cette transformation de la culture du hash a été possible car elle jouit d’une certaine tolérance au Maroc, mais aussi en Europe, où le royaume est considéré comme  un «rempart contre l’immigration irrégulière et le terrorisme». 

Vos commentaires

Envoyer à un ami

Narcotrafic: ce que cache le gros coup de filet maroco-espagnol