Tahar Ben Jelloun raconte son cancer de la prostate

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Tahar Ben Jelloun

«Je veux briser les tabous entourant le cancer de la prostate» dixit Tahar ben Jelloun. ©DR

Dans son prochain opus, «L’Ablation», Tahar Ben Jelloun raconte le cancer de la prostate, le sien et celui «d’un ami» qui a du se faire retirer cet organe.

Tahar Ben Jelloun insiste: L’Ablation n’est pas un roman, c’est un récit. Dans une interview donnée à l’hebdo français Le JDD, l’auteur explique comment il s’est inspiré de son propre cancer de la prostate et de celui «d’un ami», pour écrire son livre (qui paraîtra en janvier 2014).
 
Il écrit la honte, l’impuissance, la panique…
Et pour évoquer ce cancer doublement tabou parce qu’il touche à «la maladie et la sexualité», Ben Jelloun n’a pas usé de métaphores ou d’euphémisme. Car s’il dit avoir évité le pire, «le cancer a été pris à temps», il raconte comment son ami, réel ou imaginaire, a dû choisir l’ablation de cette glande. Une ablation aux effets secondaires souvent terribles. 
 
Tahar Ben Jelloun écrit la honte, l’incontinence, l’achat de couches, l’odeur d’urine, les piqûres dans le pénis, l’impuissance, la panique…
 
«Le Pr François Desgrandchamps, chef du service d'urologie à l'hôpital Saint-Louis à Paris, m'a incité à écrire sur le cancer de la prostate», dit-il. Un cancer qui se développe le plus souvent chez l’homme de plus de 50 ans. Et le deuxième type de cancer le plus commun chez l’homme, après le cancer du poumon.
 

«Je veux briser les tabous entourant le cancer de la prostate»
Si le sujet a déjà été évoqué, dans Un très grand amour, par Franz-Olivier Giesbert, ce dernier «ne rentre jamais dans les détails», commente Ben Jelloun, «moi, j’ai décidé de tout dire, car je veux briser les tabous entourant le cancer de la prostate».
 
Il  explique : «Je ne peux pas passer mon temps à écrire de belles histoires d'amour. Je fais de la littérature et non du marketing. […] Il faut regarder la vie en face. La maladie nous concerne tous. Je veux banaliser la réalité du cancer. J'ai choisi de ne rien enjoliver.»
 
Vivre ou faire l’amour
Et «ne rien enjoliver», c’est aborder l’impuissance, une conséquence de l’ablation de la prostate dans 25% à 75% des cas. «La peur de l’impuissance hante tout homme ayant des problèmes de prostate», dit Ben Jelloun. «Je me suis posé la question: “Que se passera-t-il demain si je n’ai plus d’érection?”»
 
L’écrivain déclare ne pas craindre «l’absence totale de libido»: «une vie sans sexualité me semble possible. Vieillir consiste à accepter la défaite.»
 
Au début de l’entretien, il évoque le président français François Mitterrand «Il a eu le choix entre l'ablation et le traitement. Le traitement induit un risque mortel, s'il y a récidive. Il a choisi le traitement. Il disait: "J'ai envie de continuer à faire l'amour." Son cancer s'est métastasé. Il a beaucoup souffert.»
 
 «L’Ablation» (Gallimard) sera en librairie le 2 janvier prochain.

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