À la découverte de Gueliz, le quartier à la mode de Marrakech

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À la découverte de Gueliz, le quartier à la mode de Marrakech

Un quartier flambant neuf, une zone marchande dernier cri et un hôtel 5 étoiles tout juste inauguré réinventent le séjour dans la capitale du sud du Maroc.

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Les inconditionnels de Marrakech apprécieront. Les voici désormais invités à célébrer leur escapade préférée en version urbaine aux couleurs du XXIe siècle. Jadis, ils n'en avaient que pour les riads de la Médina. Séjour enchanteur à l'abri des murailles et au secret des venelles du souk bordées d'étals et d'échoppes aux merveilles. La pause y était rythmée par les fontaines aux eaux claires et les appels à la prière. Carte postale initiale d'une ville capable de raconter dix siècles d'histoire dans une parfaite harmonie d'architecture, de couleurs et de savoir-vivre. Impossible de trouver plus authentique.

Ensuite, il y a une trentaine d'années, tous filèrent vers la Palmeraie, l'immense domaine, 13.000 ha, dessiné entre ville et montagne. Des lumières cristallines, un ciel sans frontière joliment traversé par le vol des cigognes, des dizaines de milliers de palmiers dattiers, des jardins de cactées, la vue grandiose sur les cimes enneigées de l'Atlas… C'était assez pour que villas de millionnaires et hôtels de luxe s'emparent de ce territoire demeuré à l'abri du monde. Nouvelle carte postale d'une capitale des vacances qui montrait sa capacité à offrir un autre charme de Marrakech, celui de l'espace assez peu compté, des piscines géantes, des parcours de golf classés parmi les plus beaux du monde, de spas, de chevauchées en liberté et même de séjours de parfaite paresse.
Alors, Gueliz décida de s'inviter à la fête. On appelle ainsi le quartier modernefi de Marrakech, celui qui, jadis dessiné par les Français, a poussé tout en lignes droites, immeubles, larges avenues et carrefours avec feux tricolores (respectés, sauf par les Mobylette). Le tout, dans une harmonie d'ocres assez réussie. Pour les délices du méli-mélo oriental, le fameux souk, qu'inventèrent les lignées de marchands, passez votre chemin. En revanche, amateurs de jeans déchirés aux genoux, de boutiques dernier cri, de musique lounge et de tables à la mode, c'est ici que ça se passe. Très exactement le long de l'avenue Mohammed-V, entre la place Abd el-Moumen Ben Ali et la place du 16-Novembre, celle de la poste centrale. Au milieu, un centre commercial géant, le Carré Eden, des dizaines d'enseignes, Zara, Adidas, Etam, Celio sans oublier les géants de la téléphonie locale. La routine. Il y a une éternité, le site abritait un charmant marché aux fleurs, un euro la botte de roses, qui réconciliait tous les amoureux de passage. L'emplacement est désormais occupé par des immeubles avec balcons et terrasses, ce sont les mètres carrés les plus chers de Marrakech, 2000 à 3000 euros, parfois beaucoup plus.
C'est ici que vient d'ouvrir un Radisson Blu, premier hôtel 5 étoiles de cet îlot connecté sur le XXIe siècle. L'enseigne, 1400 établissements dans 115 pays, entend être le phare de ce Marrakech new-look. Au programme, 198 grandes chambres et suites (la baignoire de ces dernières est griffée Starck, sans que l'affaire suscite l'extase) ouvertes sur un immense patio, hommage voulu à l'architecture des riads de la Médina. Arboré, il accueille une piscine chauffée (17 m × 7 m) tout à fait étonnante. Elle est en effet juste posée sur le dallage et trois de ses parois sont en résine transparente. Le spectacle réjouissant des sirènes à la baignade, c'est cadeau. Leurs dauphins peuvent les accompagner.
100 % toc et contrefaçon
«Sous peu, nous ouvrirons un roof top avec bar et bassin de nage, histoire d'offrir une nouvelle ambiance qui fera du Radisson Blu l'incontournable de Marrakech», raconte Rachid Oubassou, directeur des ventes. La maison en prend bel et bien le chemin avec son restaurant, Lila, cuisine locale et internationale, déjà une référence, le long bar à cocktail où Tarik se fait roi du shaker et, entre les deux, Stella, filiforme princesse diola, qui accueille, oriente, informe et rassure. L'esprit est là. Chaque soir, le Radisson Blu pétille de tous côtés avec un orchestre jazz-rock-pop qui joue en live et un vrai studio de web-radio pour diffuser les concerts. Une manière de composer un agrément global et, surtout, d'installer la maison parmi les passages obligés du séjour en ville.
L'enthousiasme du directeur général de l'hôtel, Fabrice Castellorizios, fait plaisir à entendre: «Gueliz est à Marrakech ce que TriBeCa est à New York.» Admettons, en relativisant quand même chouillat comme on dit ici. Le tout est de savoir si dans un climat de fréquentation touristique actuellement plutôt morose, Marrakech, branché sur les ambiances du jour, va, au moins de temps en temps, supplanter les classiques made in Médina ou Palmeraie.
Le plus réjouissant reste qu'ici, là-bas ou ailleurs, l'âme de Marrakech fait fi de ces nuances. Sur les larges trottoirs de Gueliz, de part et d'autre du Carré Eden, les vendeurs de maroquinerie griffée, de lunettes de marque ou de carrés chics, le tout 100 % toc et contrefaçon, prospèrent sous le regard placide des policiers qui jouent du sifflet au carrefour, les cireurs de chaussures brossent et lustrent pour quelques piécettes et les chauffeurs de taxi se disent navrés d'un compteur toujours en panne. Les fondamentaux restent indémodables.

Par : Jean-Pierre Chanial pour H24info

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