Après Ford et General Motors, Donald Trump s'attaque à Toyota

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Après Ford et General Motors, Donald Trump s'attaque à Toyota

Le futur locataire de la Maison-Blanche a menacé de représailles douanières le géant de l'automobile japonais s'il poursuivait son objectif d'investir au Mexique. Toyota vient allonger la liste des grands groupes réprimandés.

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Cédera ou cédera pas? Après Ford, c'est au tour de Toyota d'être dans le viseur de Donald Trump. Celui qui a été élu en novembre sur la promesse de rapatrier les emplois aux États-Unis s'est frontalement attaqué au géant de l'automobile japonais. Le fait incriminé? Vouloir construire une usine au Mexique pour y fabriquer des voitures destinées au marché américain. Inconcevable pour le futur locataire de la Maison-Blanche qui l'a directement menacé de représailles douanières s'il ne change pas d'avis.

Et c'est à nouveau par un tweet rageur que le président élu s'en est pris au numéro un mondial de l'automobile: «Toyota Motors a dit vouloir construire une nouvelle usine à Baja au Mexique, pour produire des Corolla à destination du marché américain. PAS QUESTION! Construisez des usines aux États-Unis ou payez d'importantes taxes à la frontière», lance-t-il.
Dans son message, le futur président américain commet d'ailleurs une petite confusion en faisant référence à une «nouvelle usine» que le groupe japonais projette de construire à «Baja, Mexico». Toyota en construit bien une, mais dans une autre région du Mexique, le Bajio…Mais peu importe, le message est passé. Quelques heures après la publication du tweet, l'action Toyota chutait de 3,1% à la Bourse de Tokyo. À Wall Street, où il est également côté, le titre a été chahuté même si l'impact était plus limité. Peu après le tweet, il perdait 0,40% alors qu'il était jusque-là stable.
«Le volume de production ou d'emploi aux États-Unis ne diminuera pas», Toyota
Toyota s'est pourtant défendu. Le groupe a rappelé que son projet de s'installer dans l'État mexicain du Guanajuato et d'y investir environ 1 milliard de dollars (945 millions d'euros) avait été annoncé en avril 2015. Le but: mieux desservir le marché nord-américain. Il prévoit effectivement d'y fabriquer, à partir de 2019, environ 200.000 berlines Corolla par an, avec 2000 salariés. Toutefois, précise-t-il, cela n'aura pas d'impact sur l'emploi aux États-Unis. Le modèle Corolla continuera en effet à être produit dans son usine américaine du Mississippi. «Le volume de production ou d'emploi aux États-Unis ne diminuera pas du fait de notre nouvelle usine (mexicaine)», a déclaré le groupe japonais, assurant faire partie «du tissu social» américain depuis près de 60 ans.
Le PDG Akio Toyoda a souligné que le groupe était conscient de sa responsabilité dans le développement régional et l'emploi, tout en rappelant qu'aux États-Unis aussi il contribuait à l'économie par les impôts et en offrant du travail. Il admet toutefois «suivre avec attention les décisions et mouvements du président américain», selon des propos rapportés par la presse japonaise.
L'inquiétude fait tache d'huile dans l'archipel puisque le patron de Honda, Takahiro Hachigo, s'est senti obligé de préciser qu'il n'avait pas «dans l'immédiat l'intention de revoir ses plans au Mexique». L'action de son groupe perdait toutefois 1% à la Bourse de Tokyo. Nissan aussi était sanctionné ce matin avec une baisse de 2,2% de l'action. Carlos Ghosn, patron du groupe, s'était pourtant montré rassurant mi-décembre en affirmant qu'il ne craignait pas le projet de renégociation par Donald Trump de l'accord de libre-échange Alena, conclu entre les États-Unis, le Mexique et le Canada en 1994. «S'il y a un changement, nous nous adapterons», avait-il dit.
Donald Trump cherche à dissuader les constructeurs automobiles d'utiliser cet accord qui leur permet, sous certaines conditions et sans droits de douane, d'exporter vers les États-Unis des marchandises produites au Mexique.

Ford, GM, Boeing... la liste s'allonge

La colère et les menaces de Donald Trump ont déjà fait plier des géants du secteur. Ford a ainsi décidé de renoncer à construire une usine au Mexique, pour investir dans une installation déjà existante dans le Michigan et y créer 700 emplois.

Sur Twitter mardi, le futur président avait également sommé General Motors, le premier constructeur américain, de fabriquer aux États-Unis ses voitures destinées au marché américain, sous peine de payer une «lourde taxe frontalière». Sonné, le groupe de Detroit avait immédiatement publié un communiqué pour assurer que seule une infime partie de sa production mexicaine arrivait sur le marché américain.

Le secteur automobile n'est pas le seul à être attaqués. En décembre, le groupe américain de défense Lockheed Martin avait subi les foudres du futur président américain, en raison du coût de son avion de chasse F-35 qui serait «hors de contrôle».

Donald Trump s'en est également pris sans réserve à l'avionneur Boeing, accusé de construire un avion présidentiel trop coûteux. «Les coûts s'envolent, plus de quatre milliards de dollars. Annulez la commande!», avait-il là encore tweeté.

Mais avec cette nouvelle attaque contre Toyota, le futur président passe un nouveau palier en s'en prenant pour la première fois à un groupe étranger. Preuve que son courroux ne s'arrêtera pas aux frontières de son pays…

Par : lefigaro.fr pour H24info

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