Pourquoi une idée géniale est (presque) toujours celle d'un autre

H24info
Pourquoi une idée géniale est (presque) toujours celle d'un autre

(c)DR

Ne partagez pas vos bonnes idées. Mais n'en oubliez pas l'origine... Chaque jour, Quentin Périnel, journaliste au Figaro, décrypte votre (sur)vie au bureau dans la chronique Open space.

Dieu sait à quel point il est difficile de garder le silence lorsqu'une petite lumière s'allume dans un coin de notre tête. Souvent sans crier gare! Cette petite lumière qui nous donne une idée, n'importe laquelle, sur un projet en cours, à venir, qu'il soit personnel ou pour notre entreprise. C'est très naturel, lorsque cela se produit, on a envie d'en parler. A notre famille, à un ami… ou à un collaborateur, que l'on croit digne de confiance, et que l'on met dans la confidence à l'heure du déjeuner. Quelques jours après, l'idée a mûri dans votre tête. Elle est certes un peu osé, mais elle est tout de même brillante! Vous iriez presque en parler à votre N+2… lorsqu'un bruit de couloir vous apprend que quelqu'un l'a déjà fait à votre place. Votre confident d'open space n'était qu'un vulgaire félon.
 
Il faut être clair. Si vous êtes paranoïaque et qu'au bureau, vous ne faites confiance à quasiment personne, vous avez raison. Selon une étude britannique, un manager sur cinq a admis avoir déjà volé grossièrement ou au moins détourné, s'être inspiré d'une idée que lui a soufflé l'un de ses collaborateurs. C'est la sinistre vérité. Nos collègues sont des félons. Point à la ligne. Nous pourrions en rester là… Et pourtant! Si l'on revient en arrière pour analyser l'instant T où nous avons eu cette idée… Un doute survient aussi subitement que notre idée initiale. Était-ce vraiment une illumination, jaillissant ex-nihilo de notre cerveau? Ou bien est-ce un élément extérieur qui l'a provoqué?

Il est possible en effet qu'un état cryptomnésique vous ait aidé à avoir cette idée si brillante. La cryptomnésie, c'est la mémorisation inconsciente d'un événement, qui ne réapparaît à la conscience qu'à l'occasion d'un état de conscience particulier. Cela me fait d'ailleurs penser que je n'ai moi-même pas eu cette idée de chronique tout seul. Elle provient d'un article de la BBC que j'avais inconsciemment mémorisé. Plus sérieusement, je ne dis pas que les illuminations n'existent pas, évidemment. En revanche, la majorité de nos idées ont bel et bien une origine qui n'est pas notre seule et unique cerveau. Une pub aperçue dans le métro, un article de presse, ou une anecdote racontée par l'un de nos proches… C'est pourquoi, même si je vous conseille de conserver bien au chaud vos idées pour éviter qu'on ne vous les vole, je vous suggère aussi, en toute humilité, d'avoir une petite pensée pour celui ou celle à qui vous l'avez volée.

Par : Quentin Périnel pour H24info

Vos commentaires

Envoyer à un ami

Pourquoi une idée géniale est (presque) toujours celle d'un autre