Anouar Zyne: changer l'exigence citoyenne et la vigilance publique

H24info
Anouar Zyne: changer l'exigence citoyenne et la vigilance publique

"#changer, debout le Maroc des justes" est le nouvel ouvrage de Anouar Zyne qui nous livre dans cet entretien sa vision du changement à travers la participation citoyenne.

LES ARTICLES POPULAIRES

Pourquoi cet ouvrage? A qui vous vous adressez ?
Je m’adresse à tous ceux qui veulent bien le lire d’abord. C’est important, car les recettes de vente seront entièrement versées à l’association Jood qui soutient les sans-abris. Ensuite, je m’adresse à tous ceux qui ont une aspiration au changement, qui veulent changer les choses au niveau de leur commune, de leurs province, de leurs région et même au niveau du pays tout entier.
 
 

Qu’est ce qui vous dérange aujourd’hui dans la politique, et que souhaitez-vous faire changer ?
Je veux faire changer la demande citoyenne, l’exigence citoyenne, la vigilance publique sur le fonctionnement de nos institutions, c'est-à-dire, bonifier tout cela avec la démocratie participative. Pour cela, il faut se retrouver pour discuter et débattre, dénoncer et ne pas hésiter à aller en justice, faire des pétitions citoyennes pour des projets… Le tout, en dehors des temps électoraux. En attendant, la mobilisation citoyenne dans la vie publique reste saisonnière. Pour les jeunes, la seule possibilité de s’exprimer et d’être entendu arrive tous les 5 ans, à la veille des élections. Nous voulons, au contraire, maintenir une vigilance publique de tous les jours. Si on arrive à débattre et à passer en action, à ce moment-là les élections deviendront démocratique. S’il y a douze personnes dans un arrondissement qui se mobilisent pour la création d’un parc par exemple, ceci va profiter à tous les enfants de la commune.

Ensuite, il est nécessaire d’apprendre ou de réapprendre à saisir la justice. Si par exemple, la faculté refuse une inscription à quelqu’un, car le bac est jugé ancien, puisqu’il a une date de péremption, la personne a le droit de porter plainte. Le livre ne va pas dans le détail mais raconte de beaux exemples, qui ont réussi ailleurs, comme au Mexique ou en Colombie, des sociétés qui nous ressemblent plus ou moins.
 
En quoi votre vision de la politique peut influencer sur la participation citoyenne ?
Ma vision ressemble à ceci. Dans un marché il y a l’offre et la demande, si les compagnies veulent développée leur offre, pour accroitre leurs revenus, elles se tournent tout naturellement vers les consommateurs, elles sont alors à l’écoute de leur attentes, et de leurs exigences.

Imaginons instant que la gouvernance, qui est le nerf de la guerre, soit un produit marchant. Si vous avez des consommateurs exigeants, en occurrence, les citoyens, actifs, vigilants, qui sont en contact avec les élus, naturellement par la loi de l’offre et la demande, l’offre politique ou l’offre partisane va prendre va prendre de la hauteur. On arrêtera à ce moment  de lire que les jeunes ne s’intéressent pas à la politique, et les jeunes cesseront de dire que la politique au Maroc est caduque.
 

Pensez-vous que cet ouvrage va participer à changer la vision des citoyens? Et dans quels sens?

Quels sont les possibilités réelles et réalisables dans ce pays et qu’est ce qui relève de la mythologie? Certains projets sont réalisables et d’autres non. Aujourd’hui, il s’agit d’optimiser. Le changement des grands secteurs va venir crescendo, avec la participation de chacun. Le changement n’est pas pour aujourd’hui, certes, mais il existe des personnes qui font des choses à leur niveau et qui présentent de vraies solutions. Comme c’est le cas de Reda El Fakir qui se mobilise avec un groupe de jeunes pour offrir des cours de soutien à des étudiants à Derb Soltane.

 

A travers quels moyens comptez-vous accroitre et faire participer d’avantage les intéressés?

On met à disposition des moyens dont celui d’être en contact avec les élus. On propose de mettre à la disposition du public la base de données, par arrondissement, province ou région, de tous les élus de la nation, afin d’établir un contact direct et d’encourager la proximité.


Dans un guide, on propose également des références juridiques avec, à la clé, des explications. Je donne l’exemple d’un citoyen qui, à force de constatations par huissier de justice et de plaintes, a réussi à obtenir un jugement rendant illégal l’immobilisation des véhicules à l’aide d’un sabot. On propose ainsi des méthodologies, des outils, des exemples qui ont réussi dans les plaidoiries, comme c'était le cas de l’association Insaf et son implication dans la lutte contre le travail des enfants. On apporte également le réseau, les avocats. Le but est de créer ces clubs un peu partout dans les villes, avec des équipes et des bénévoles bien formés pour rendre cet échange plus accessible et plus facile.

 

Quel est le rapport avec votre mouvement changer.ma?

Que ça soit à travers le mouvement changer.ma ou à travers cet ouvrage, j’essai de clarifier et de donner aux gens l'envie du changement. En tout cas, cela montre bien ma décision ferme et définitive de ne jamais revenir aux partis politique ni d’en créer.

 

 

Vos commentaires

Envoyer à un ami

Anouar Zyne: changer l'exigence citoyenne et la vigilance publique